Guide pédagogique sourcé
Comment votre ordinateur calcule vos paliers ?
Tous les ordinateurs de plongée résolvent le même problème : de combien d'azote votre corps est-il chargé, et à quelle vitesse pouvez-vous remonter sans risque ? Aucun n'y répond exactement pareil. Ce site explique les modèles qu'ils utilisent, pourquoi ils divergent, et tente de répondre à la question : lequel vous pénalise le plus ?
L'idée centrale, en trois minutes
Sous l'eau, vous respirez un gaz comprimé. Plus vous descendez, plus la pression augmente, et plus l'azote de votre mélange se dissout dans vos tissus : c'est la charge. Quand vous remontez, la pression ambiante chute ; l'azote dissous doit ressortir : c'est la décharge. S'il ressort trop vite, il forme des bulles, et ces bulles provoquent l'accident de décompression.
Tout le travail d'un algorithme consiste donc à répondre à une seule question : jusqu'où puis-je faire chuter la pression sans que les bulles ne provoquent l'accident ? Depuis 1908, deux grandes familles de réponses coexistent.
Les modèles à gaz dissous
On modélise le corps par une série de « compartiments » théoriques qui se chargent et se déchargent à des vitesses différentes. Chacun tolère une pression de gaz dissous maximale, qu'on appelle sa M-value. Tant qu'aucun compartiment ne dépasse la sienne, on remonte. Ces modèles ignorent les bulles : ils cherchent seulement à ne pas les déclencher.
Les modèles à bulles
On part du principe que des germes de bulles microscopiques, les « micro-noyaux gazeux », préexistent en permanence dans le corps, et que des bulles se forment de toute façon. Le modèle cherche alors à limiter leur volume total. Conséquence pratique : ces modèles prescrivent des paliers plus profonds et plus précoces, une prescription aujourd'hui très contestée.
À retenir
Un algorithme de décompression n'est pas une description de votre physiologie : c'est un modèle mathématique, calibré pour que, statistiquement, peu de plongeurs subissent un accident. Comme le rappelle Neal Pollock dans Alert Diver, un compartiment « n'a pas à correspondre à un tissu réel »Pollock 2015.
Par où commencer
Les pages se lisent dans l'ordre, mais chacune est autonome. Si vous voulez seulement savoir quel réglage choisir sur votre ordinateur, allez directement au comparatif ; si vous préférez comprendre en manipulant, le simulateur se suffit à lui-même.
Compartiments, périodes, charge et décharge, M-values, et le détail des jeux de coefficients ZH-L16 A, B et C, avec les formules qui les engendrent.
Ce que signifie réellement « GF 30/70 », d'où vient l'idée, comment le GF dérive pendant la remontée, et ce que valent GF99 et SurfGF.
La carte des noms rencontrés ensuite : gaz dissous ou bulles, ce qui est publié et ce qui reste propriétaire, et pourquoi un même nom ne désigne pas toujours le même calcul.
L'essai NEDU 2011 qui a renversé le consensus, les objections qu'on lui oppose, et ce que recommandent aujourd'hui la CMAS et les chercheurs.
VPM-B et son hypothèse du volume critique, le RGBM de Wienke, et pourquoi « RGBM » ne désigne pas la même chose chez Suunto et chez Mares.
Marque par marque : Shearwater, Garmin, Suunto, Scubapro, Mares, Aqualung, Oceanic, Cressi, Apple Watch… et ce que les constructeurs ne publient pas.
Les chiffres d'une étude en caisson sur 43 ordinateurs, les équivalences entre réglages, et pourquoi le classement s'inverse selon la profondeur.
Deux moteurs dans votre navigateur, Bühlmann avec ses gradient factors et VPM-B, et autant de configurations qu'il faut pour les mettre en regard sur la même plongée, carrée ou dessinée point par point. Paliers, plafond, charge des seize compartiments, écarts chiffrés. Sept expériences guidées pour comprendre en manipulant.
Ce que le modèle de base ne dit pas : la toxicité de l'oxygène, la plongée en altitude, le recycleur, et la question qui fâche des plongées successives.
Comment ce site est sourcé
Chaque affirmation technique renvoie à une source identifiée, signalée par une puce comme celle-ciexemple. La priorité va aux sources primaires : les publications originales de Bühlmann, Workman, Baker, Yount et Wienke, le rapport de l'US Navy Experimental Diving Unit, les articles de revues à comité de lecture (Diving and Hyperbaric Medicine), les manuels constructeurs, et le code source des implémentations libres.
La plupart des algorithmes propriétaires ne sont pas publics. Quand c'est le cas, le site le dit explicitement plutôt que de combler le vide. Vous trouverez la liste complète, avec les liens, sur la page sources.