Chapitre 6
Quel algorithme dans quel ordinateur
Trois grandes lignées se partagent le marché : Bühlmann ZH-L16 avec gradient factors, les dérivés propriétaires de Bühlmann, et les modèles à bulles. Voici ce que les sources permettent d'établir, marque par marque, et ce qu'elles ne permettent pas.
Rappel express, pour qui arrive directement sur cette page
Un modèle de décompression découpe le corps en compartiments théoriques et fixe, pour chacun, la dose de gaz dissous à ne pas dépasser : sa M-value. Autrement dit, une limite à ne pas franchir.
Les gradient factors sont deux pourcentages qui disent quelle part de cette limite on s'autorise à consommer : une marge de sécurité réglable, en somme. GF Low commande la profondeur du premier palier, GF High la marge qu'il vous reste en arrivant en surface.
Ce que ça change, en minutes : sur une plongée à 40 m pendant 25 minutes, le même modèle demande 19 minutes de remontée en GF 100/100, 29 en 85/85 et 50 en 30/70, et le premier palier passe de 6 à 18 mètres. C'est l'ordre de grandeur qu'il faut avoir en tête en lisant les tableaux ci-dessous. Tout le détail est au chapitre 2.
Le panorama en un tableau
| Marque | Famille | Algorithme annoncé | GF réglables |
|---|---|---|---|
| Shearwater | Bühlmann | ZH-L16C + GF ; VPM-B en option ; DCIEM sur Peregrine | Oui |
| Garmin | Bühlmann | ZH-L16C avec gradient factors | Oui |
| Tusa | Bühlmann dérivé | « ZHL-16C 改 » — annoncé modifié, sans que la notice dise en quoi | Non |
| Heinrichs Weikamp | Bühlmann | ZH-L16 + GF, VPM-B (OSTC) | Oui |
| Apeks | Bühlmann | ZHL-16C + GF, préréglages publiés (90/90, 35/80, 30/70) | Oui |
| Divesoft | Bühlmann | ZHL + GF 30/80, seconde paire « bailout », paliers de Pyle en option | Oui |
| Ratio | Bühlmann VPM-B | ZHL-12 / 16B / 16C ou VPM-B au choix ; niveaux de prudence chiffrés en GF | Oui |
| Aqualung | Bühlmann dérivé | Pelagic Z+ ; ZHL-16C + GF sur i330R | 3 préréglages chiffrés sur l'i330R ; ON/OFF sur les Z+ |
| Oceanic | double | Pelagic Z+ ou Pelagic DSAT, au choix | Non |
| Sherwood | Haldane | Lignée DSAT | Non |
| Hollis | Bühlmann | Pelagic Z+ fondé sur ZHL-16C (DG02, DG03) ; second algorithme VGM sur le DG05 ; « ZHL-16C with gradient factor » sur le TX1 | Oui sur le TX1 — cinq préréglages, de 90/90 à 20/75, plus saisie libre |
| Seac | Bühlmann | ZHL-16B sur le Guru, ZHL-16C sur les autres ; six niveaux de prudence publiés en couples de GF | Non, mais les six crans sont chiffrés |
| Scubapro / Uwatec | propriétaire | ZH-L8 ADT jusque vers 2016, puis ZH-L16 ADT MB | Non — « MB Levels », décodés ici |
| Suunto | bulles + Bühlmann | RGBM et ses variantes ; Bühlmann 16 GF en option sur EON Core, seul sur l'Ocean | Oui, sur EON Core et Ocean |
| Mares | Haldane + Bühlmann | Deux familles : ZH-L16C + GF (16 tissus) sur Genius, Sirius, Sirius L, Puck 4, Puck Lite, Puck Air 2, Quad 2, Quad Ci ; RGBM Mares-Wienke (10 tissus), qui est en fait un modèle haldanien avec facteurs de sécuritéSayer 2014, sur les autres | Oui sur la famille Bühlmann, sauf Puck Lite |
| Cressi | Haldane, Bühlmann | « Cressi RGBM » = modèle Haldane + facteurs RGBM (dixit le constructeur) ; ZHL16-C + GF sur le DaVinci | Non |
| Atomic | bulles | Version de RGBM | Non |
Le détail par modèle
Avertissement de méthode
Les gammes évoluent vite et les fabricants changent d'algorithme d'une génération à l'autre, parfois même par mise à jour logicielle, comme Suunto entre l'EON Steel 1.6.5 et les versions suivantes. Chaque affirmation ci-dessous est datée par sa source. Pour un modèle précis, le manuel du modèle fait toujours foi. Vérifiez notamment sur votre propre machine avant d'en tirer une conclusion.
Ce que déclare la notice, machine par machine
C'est la question la plus concrète pour un plongeur : que fait réellement le curseur que je déplace ? Le tableau ci-dessous croise, pour chaque modèle, l'algorithme annoncé, le nom du réglage tel qu'il apparaît dans l'appareil, et son équivalence en gradient factors quand elle est connue. Chaque ligne renvoie à la notice officielle, hébergée chez le constructeur.
Tableau construit dans le navigateur — nécessite JavaScript.
Shearwater
C'est la marque la mieux documentée du marché, et de loin : ses manuels donnent la formule, citent leurs sources et expliquent les choix d'implémentation.
L'algorithme : Bühlmann ZH-L16C + GF, VPM-B en option
L'algorithme de base est Bühlmann ZH-L16C modifié par les gradient factors d'Erik Baker. Le manuel du Perdix précise que Shearwater a écrit son propre code à partir des idées de Baker, rend explicitement crédit à Baker tout en précisant que celui-ci n'est pas responsable du code de Shearwater, et renvoie le lecteur à ses deux articles fondateursPerdix.
Les différences se jouent modèle par modèle :
- Peregrine : ZH-L16C + GF et DCIEM, mais pas de VPM-B ; trois préréglages chiffrés dans le manuel, Bas 45/95, Moyen 40/85 par défaut, Haut 35/75, plus la saisie libre des GF ; pas de trimixPeregrine
- Teric : GF Low réglable de 10 à 99, GF High de 30 à 99Shearwater
- Perdix : gamme complète, trimix, VPM-B optionnelPerdix
Le réglage de prudence : des GF saisis librement, un défaut publié
Ce que les manuels publient :
- Réglage d'usine : GF 50/70 depuis les firmwares de fin 2025, 30/70 dans les notices, qui n'ont pas été rééditéesnotes de version
- VPM-B et VPM-B/GFS en option débloquable, conservatisme 0 à +5
- GF99 et Surface GF affichables
- GF High modifiable pendant la plongée, GF Low non
Même en mode VPM-B, la barre des tissus du Perdix affiche les tensions calculées selon le modèle à 16 compartiments de Bühlmann, « VPM-B suivant les tensions de la même manière »Perdix. La documentation va jusqu'à la toxicité de l'oxygène : le CNS suit la table du NOAA Diving Manual 4e éd., avec une demi-vie d'élimination de 90 min en surface.
Suunto
Position officielle du fabricant : « au cœur de chaque ordinateur Suunto se trouve un algorithme — le reduced gradient bubble model — « modèle de bulles à gradient réduit » », co-développé avec Bruce WienkeSuunto. Mais, comme vu au chapitre 5, quatre variantes distinctes cohabitent selon les modèles, et elles n'ont pas le même comportement.
L'algorithme : quatre RGBM, un Bühlmann en option, et l'Ocean en Bühlmann seul
Correction : Suunto ne fait plus seulement du RGBM
L'idée que tout ordinateur Suunto tourne sur du RGBM, qu'on lit partout et que ce site répétait, ne vaut plus. Le manuel de l'EON Core documente un second algorithme, sélectionnable, nommé « Bühlmann 16 GF » :
« L'algorithme de plongée Bühlmann 16 GF de Suunto est basé sur le modèle ZHL-16C. Ce modèle comporte 16 groupes de tissus théoriques différents, avec des demi-saturations allant de 4 minutes à 635 minutes. »
Manuel Suunto EON Core, § 4.10.2manuelsLe réglage par défaut de cet algorithme est GF 30/70, et le manuel précise que les gradient factors sont « un moyen de rendre l'algorithme de Bühlmann plus conservateur, en ajoutant des paliers profonds à la plongée », une formulation que le chapitre 4 invite à regarder avec circonspection. La période de 4 minutes du premier compartiment n'est pas une retouche de Suunto : le tableau publié par Bühlmann offre deux options pour le tissu le plus rapide, 4,0 ou 5,0 minutes de période, et cet algorithme retient la premièreCMAS ZH-L.
L'Ocean va plus loin : sa notice de 121 pages ne mentionne pas le RGBM une seule fois. La montre ne déclare que ce « Bühlmann 16 GF, basé sur le modèle Bühlmann ZHL-16C auquel nous avons incorporé notre propre code », et c'est la seule notice Suunto du recensement à chiffrer ses préréglages : Faible = 45/95, Moyenne = 40/85, le défaut, Élevée = 35/75, plus une saisie librenotice Ocean, § 5.7, p. 67-69. Le défaut n'est pas celui de l'EON Core : 40/85 ici, 30/70 là.
Il est répété partout que les RGBM de Suunto ne sont pas publiés. C'est vrai des équations. Ce ne l'est pas de la structure : trois notices donnent le nombre de compartiments, la liste complète des demi-saturations, et le mécanisme qualitatif.
| Modèle | Algorithme | Compartiments | Demi-saturations azote (min) |
|---|---|---|---|
| EON Core, D5 | Fused RGBM 2 | 15 | 1 · 2 · 5 · 10 · 20 · 40 · 80 · 120 · 160 · 240 · 320 · 400 · 480 · 560 · 720 |
| D9tx | Technical RGBM (« Suunto Technique Algorithme RGBM » dans l'édition française) | 9 | 2,5 · 5 · 10 · 20 · 40 · 80 · 120 · 240 · 480 |
Les deux algorithmes du tableau ne font pas ressortir l'azote de la même façon. Sur l'EON Core, il ressort au rythme où il est entré : le Fused RGBM 2 précise que « les périodes d'absorption de gaz et de dégazage sont identiques ». Le Technical RGBM du D9tx ralentit la sortie : « The off gassing halftimes are slowed down », les périodes de dégazage sont ralentiesnotice D9tx, éd. anglaise, p. 118. Le D9tx calcule donc un azote qui s'évacue plus lentement qu'il ne s'est installé, et tient le plongeur pour chargé plus longtemps après la plongée.
L'édition française de la même notice écrit des périodes « réduites », littéralement l'inverse de l'anglais : une notice traduite ne fait pas toujours foi.
Le réglage de prudence : l'option deep stop pèse plus que les crans
Suunto traîne une réputation d'algorithme très pénalisant. Elle n'est pas infondée, et le fabricant l'a implicitement reconnue en assouplissant Fused RGBM en Fused RGBM 2 « sur la base des retours clients »Suunto.
Le point vraiment exploitable pour un possesseur de Suunto
Fraedrich a montré qu'avec l'option deep stop activée, le premier palier tombe à 34 m (les profondeurs de Fraedrich sont converties des pieds d'eau de mer) sur le profil de référence, plus profond que les deux profils testés par la NEDU. En désactivant cette option, le premier palier remonte à 18 m et l'algorithme passe alors tous les tests de validationFraedrich 2018. C'est le réglage qui change le plus de choses sur ces machines.
Le réglage personnel mérite la même attention. Sur les modèles qui offrent des crans négatifs, la notice du D9tx écrit que P0 à P-2 augmentent le risquemanuels. Le Zoop Novo et le D6i, eux, n'en proposent aucun : leur curseur ne descend pas sous le réglage d'usine.
La filiation déclarée mène à VPM
La notice ne se contente pas d'énumérer les quinze demi-saturations du Fused RGBM 2 : elle dit d'où elles viennent. « Dans le Suunto Fused™ RGBM 2, les demi-saturations de tissus sont dérivées du Full RGBM de Wienke, dans lequel le corps humain est modelé par quinze différents groupes de tissus »notice EON Core, p. 22.
Or les quinze demi-saturations du tableau des caractéristiques Suunto sont exactement celles que Yount et Hoffman publient pour VPM en 1984 (chapitre 5). Pas celles de Bühlmann, qui va de 4 ou 5 à 635 minutes sur seize compartiments.
La chaîne est donc : le constructeur dit tenir ses tissus du Full RGBM de Wienke, et ce jeu de périodes est celui de VPM. Que Wienke l'ait lui-même repris de VPM est notre lecture, pas une affirmation de Suunto, mais elle illustre ce que le chapitre 5 établit par la littérature : un modèle à bulles garde une machinerie haldanienne et n'en change que le critère de remontée.
Un Suunto garde vos quatre derniers jours de plongée en mémoire
Sous « modèle de calcul des tissus », la fiche technique porte la ligne « valeurs M de gradient réduit (variable) basées sur les habitudes de plongée et les violations de plongée. Les valeurs M sont mesurées jusqu'à 100 heures après une plongée »notice D5. C'est le « gradient réduit » que le sigle RGBM porte dans son nom.
Les M-values, ces plafonds de sursaturation tolérés, sont donc abaissées d'après les plongées des jours précédents, et l'appareil garde cette mémoire un peu plus de quatre jours. Un même profil ne donne pas la même décompression selon la semaine qui l'a précédé. La ligne figure sur l'EON Steel, le D5 et le D9tx : les deux familles d'algorithmes partagent ce mécanisme.
Montre et logiciel ne calculent pas pareil
Fraedrich relève enfin que les temps sans palier d'un Zoop Novo diffèrent de ceux du logiciel Suunto DM5 de 11 % à 50 % : par exemple 63 min contre 71 min à 15 m, et 5 min contre 10 min à 46 m. L'auteur souligne l'absence générale de contrôle de configuration logicielle et de documentation des variantes d'algorithmeFraedrich 2018.
Scubapro / Uwatec
La lignée Uwatec ne publie ni ses équations ni ses réglages, et sa nomenclature est trompeuse : ce ne sont pas des ZH-L16 à 16 compartiments.
L'algorithme : la lignée ZH-L, six, huit puis seize compartiments
| Algorithme | Année | Caractéristiques |
|---|---|---|
| ZH-L6 | 1988 (1992 selon la CMAS) | Adaptation de ZH-L16 par Bühlmann, Völlm et Mock à 6 compartiments (6 / 14 / 34 / 64 / 124 / 320 min), utilisée dans les Aladin Pro. La CMAS précise qu'il s'agit d'un extrait de ZH-L16C, destiné à limiter le temps de calcul des premiers ordinateursCMAS ZH-L |
| ZH-L8 ADT | 1992 | Approche adaptative à 8 compartiments avec périodes variables et tolérance à la sursaturation dépendant de facteurs de risque. Non public (propriété Uwatec). Peut réduire le temps sans palier ou imposer un palier compensatoire après une remontée trop rapide, un effort important ou une eau froide |
| ZH-L16 ADT MB | — | Version trimix, compartiments médians modifiés par rapport au ZH-L16C d'origine, adaptative à la charge de travail, avec paliers intermédiaires déterminés par le profil (PDIS) |
Le réglage de prudence : des MB Levels non définis, décodés par un tiers
Les « MB Levels » ne sont pas définis par le fabricant
Les niveaux de microbulles (MB Levels) sont l'équivalent Scubapro d'un réglage de conservatisme. Leur signification numérique n'est pas définie dans le manuelWikipédia ZH-L. Vous réglez donc un curseur dont le fabricant ne publie pas l'effet.
Faute de documentation constructeur, la lacune a été comblée de l'extérieur, par le site allemand divetable.info (son auteur signe le document « ALBI @ www.SMC-de.com » ; le site ne publie pas d'autre identité). Il a fait tourner le planificateur intégré d'un Galileo 2 / G2 et un logiciel Bühlmann classique sur la même plongée (42 m, 25 min de temps fond, à l'air), et publié en janvier 2020 la correspondance ainsi obtenue entre chaque MB Level et un couple de gradient factorsdivetable.info. Ce n'est donc pas une donnée constructeur, mais une mesure faite par un tiers.
| MB Level | TTS — logiciel V1.2 (2017) | GF équivalent | TTS — logiciel V1.5 (2019) | GF équivalent |
|---|---|---|---|---|
| L0 | 40 | 90/90 | 47 | 85/85 |
| L1 | 44 | 85/85 | 52 | 75/80 |
| L2 | 50 | 80/80 | 58 | 70/75 |
| L3 | 56 | 75/75 | 65 | 65/70 |
| L4 | 63 | 70/70 | 73 | 60/65 |
| L5 | 73 | 65/65 | 84 | 55/60 |
| L6 | 87 | 60/60 | 100 | — |
| L7 à L9 | 106 · 132 · 166 | — | 120 · 146 · 180 | — |
| Bühlmann brut, pour repère | — | — | — | 100/100 → TTS 34 min |
Les GF sont donnés dans la convention GF Low / GF High utilisée partout sur ce site ; la source les imprime dans l'ordre inverse. Le G2 propose dix niveaux, L0 à L9 ; la source ne publie d'équivalence en gradient factors que jusqu'à L6 (logiciel 1.2) et L5 (logiciel 1.5), d'où les tirets. Le TTS de 34 min de la dernière ligne est celui du logiciel de référence à GF 100/100, pas celui du G2 : la source porte « −/− » pour l'appareil sur cette ligne. Quel MB Level l'appareil porte à la sortie du carton, aucune notice ne le précise.
Trois enseignements
- Le niveau L0, celui qui n'ajoute aucune majoration de microbulles, correspond à des GF symétriques, 90/90 puis 85/85. C'est exactement la fourchette que recommandent la CMAS et l'étude belge de 2023 pour l'air (voir chapitre 2). Scubapro calibre donc, sans le dire, son niveau de base là où les sources indépendantes jugent bon de se placer.
- Une mise à jour logicielle a changé l'algorithme. Entre les versions 1.2 et 1.5, le même appareil, sur la même plongée, au même MB Level, est passé de 40 à 47 minutes de remontée, soit 17 % de conservatisme en plus, sans que le plongeur ait touché à un réglage.
- Les niveaux élevés basculent vers des GF asymétriques en V1.5 : L5 vaut 55/60, avec un GF Low inférieur de 5 points au GF High, donc un léger biais vers des paliers profonds (chapitre 4). En V1.2, tous les niveaux restaient symétriques.
Scubapro est passé de ZH-L8 à ZH-L16
Le même auteur compare plusieurs générations d'ordinateurs Scubapro/Uwatec sur cette plongée de référence, au niveau L0divetable.info :
| Modèle | Année | TTS | Remarque |
|---|---|---|---|
| Pro Ultra | ≈ 2002 | 40 | |
| TEC (1re génération) | ≈ 2003 | 36 | le plus permissif de la série |
| TEC 2G | ≈ 2007 | 38 | |
| Aladin [2] | ≈ 2014 | 40 | |
| Matrix | ≈ 2016 | 49 | passage de ZH-L8 à ZH-L16 |
| Galileo 2 / G2 (logiciel 1.2) | 2017 | 40 | ZH-L16 |
| Galileo 2 / G2 (logiciel 1.5) | 2019 | 47 | ZH-L16, révisé |
Ce que cela corrige dans les sources plus anciennes
L'attribution « Uwatec = ZH-L8 ADT à 8 compartiments », qui vient de l'étude en caisson de 2014Sayer 2014, était exacte à l'époque mais ne l'est plus pour les modèles récents : le basculement vers ZH-L16 est daté autour de 2016 avec le Matrixdivetable.info.
Réserves d'usage : ces équivalences reposent sur un seul profil (42 m / 25 min à l'air). Comme pour la correspondance DSAT ↔ GF que détaille le chapitre 7, rien ne garantit qu'elles tiennent à d'autres profondeurs. La source est un travail technique indépendant, non un document constructeur.
La génération actuelle : une lettre de plus, et le choix de l'algorithme
Les notices du Galileo 3 et des Luna 2.0 prolongent la lignée Uwatec, avec deux nouveautés que les générations précédentes n'avaient pas.
Une variante « D » apparaît
Le Galileo 3 nomme son algorithme ZH-L16D ADT MB PMG. La lettre D ne figure nulle part ailleurs : ni chez Bühlmann, qui s'arrête à C, ni dans aucune des sources de ce site. Le manuel l'emploie huit fois sans jamais dire ce qu'elle désignenotice Galileo 3. Le problème d'appellation de toute la lignée Uwatec continue : une lettre de plus, aucune définition publiée.
Le plongeur choisit son modèle
Les Luna 2.0 embarquent « ZH-L16 ADT MB PMG et ZH-L16C + GF PMG, sélectionnables »notice Luna 2.0. Sur le même appareil, on passe donc de l'algorithme propriétaire opaque aux gradient factors publics. Et la notice explique correctement ces derniers : « Bühlmann a créé l'algorithme de base ZH-L16C. Dans les années 90, Erik Baker a présenté l'approche des gradient factors ». Scubapro cite donc ses sources, ce qu'il ne faisait pas pour ses MB Levels.
Sur le Galileo 3, les gradient factors se règlent librement : « GF Low de 5 à 100 et GF High de 50 à 100 »notice Galileo 3. Le manuel n'énonce aucune contrainte entre les deux valeurs, mais il ne dit pas non plus que l'inversion soit permise, et nous n'avons pas d'appareil pour le vérifier. L'étude belge de 2023 s'était heurtée à cette limite sur le Perdix (chapitre 2).
Ce que disent les manuels Scubapro
Les notices officielles lèvent elles-mêmes l'ambiguïté sur la lignée Galileo, et confirment les 8 compartiments :
« Le modèle mathématique de décompression du Galileo, appelé ZH-L8 ADT MB PMG, contrôle la décompression en tenant compte de 8 compartiments de votre corps et en suivant mathématiquement la saturation et la libération de l'azote dans chacun d'eux, selon les lois physiques correspondantes. »
Manuel Scubapro Galileo PDIS, p. 3 — traduit de l'édition espagnolemanuelsLa même page donne au passage une information rare sur ce modèle propriétaire : « les deux compartiments les plus rapides, de 5 et 10 minutes de période respectivement, ne sont pas pris en compte pour déterminer la profondeur du palier PDI »manuels. Deux des huit périodes du ZH-L8 sont donc connues.
L'acronyme se décompose donc entièrement : ZH-L8 pour les huit compartiments, ADT pour adaptive, MB pour les niveaux de microbulles, et PMG pour predictive multi-gas, le manuel parle explicitement de « la nature prédictive de la gestion des plongées multigaz par l'algorithme ZH-L8 ADT MB PMG »manuels.
PDIS — le palier intermédiaire maison
Profile-Dependent Intermediate Stop : un palier intermédiaire calculé d'après le profil réellement effectué, auquel Scubapro consacre un manuel entier. La notice précise qu'il ne remplace rien : « même en effectuant un PDIS, vous devez effectuer un palier de sécurité de 3 à 5 minutes à 5 m »manuels.
L'algorithme qui écoute votre cœur
Sur les modèles à ceinture cardiaque, le manuel demande de « personnaliser l'algorithme adaptatif en entrant votre pouls maximal et votre fréquence cardiaque de base »manuels. C'est l'un des très rares cas où un ordinateur du commerce intègre une donnée physiologique individuelle au calcul de décompression.
Deux lignées coexistent, et la date compte
Les manuels Galileo documentent bien un modèle à 8 compartiments. Mais le travail comparatif de divetable.info date le passage à ZH-L16 autour de 2016, avec le Matrix puis le G2. Les deux constats sont compatibles : ils décrivent des générations différentes. Un algorithme peut donc changer sans que l'appareil change de nom.
Aqualung, Oceanic, Sherwood, Hollis : la galaxie Pelagic
Pelagic est un fabricant OEM, propriété d'Aqualung, qui produit des ordinateurs « pour d'autres noms de marque, comme Oceanic et Sherwood »DGE. Ces deux-là ne sont donc pas des gammes Aqualung, mais des marques distinctes qui font fabriquer leurs ordinateurs par un atelier appartenant à Aqualung. Hollis relève de la même galaxie, et ses notices l'écrivent en toutes lettres, « algorithme Pelagic Z+ fondé sur Bühlmann ZHL-16c ». Deux algorithmes maison coexistent chez Pelagic, et leur différence de conservatisme est nette.
Les deux algorithmes : DSAT et Z+
Pelagic DSAT
Modification propriétaire des tables US Navy issue des recherches ayant produit le PADI Recreational Dive Planner. Réputé relativement libéral en plongée sans palier, en particulier sur les successives et les profils multi-niveauxDGE. Ses temps sans palier reproduisent les valeurs du RDPScubaBoard.
Pelagic Z+
Algorithme propriétaire développé par le Dr John E. Lewis, fondé sur Bühlmann ZH-L16CDeepBlueDivingDGE. Plus conservateur que DSAT. Sa variante V+ reproduit les valeurs du RDP mais en imposant un palier de sécuritéScubaBoard.
Une erreur très répandue
On lit souvent que Pelagic Z+ « correspond aux algorithmes RGBM classiques ». C'est faux : Z+ est un dérivé de Bühlmann ZH-L16, pas un modèle à bulles. L'erreur figure notamment dans un article grand public de 2019DeepBlueDiving, et se propage depuis de site en site.
Le réglage de prudence : un détour par l'altitude, pas des GF
Toute la galaxie règle sa prudence par un Conservative Factor en simple ON/OFF, et aucune notice n'en donne l'équivalence en gradient factors. Elles en chiffrent pourtant l'effet, dans une autre unité : activer le réglage fait calculer l'ordinateur comme à 915 mètres au-dessus de l'altitude réelle. « Le temps de plongée restant, No Deco/O2 MIN […] seront réduits aux valeurs disponibles au niveau d'altitude situé 915 m (3 000 pieds) au-dessus de l'altitude réelle au moment de l'activation »manuels, traduit de l'anglais.
L'astuce est économique : en altitude la pression ambiante baisse et les temps sans palier raccourcissent, donc feindre une altitude supérieure ajoute de la prudence sans toucher au modèle ni publier le moindre coefficient. Les quatre Aqualung à moteur Z+, le Hollis DG03 et deux Tusa emploient la même formule (à un détail près : au niveau de la mer, les Aqualung calculent comme à 1 828 m, quand le DG03 se contente de 916).
Cette équivalence en gradient factors, aucune notice ne la donne, mais elle se calcule : la table des durées sans palier imprimée dans six notices Z+, confrontée au moteur de ce site, situe le réglage activé autour d'un GF High de 65 à 70, et l'algorithme lui-même autour de 85/85 (chapitre 7).
Aqualung : une gamme en bascule
Cinq notices Aqualung, comparées, montrent une gamme en pleine transition, le même mouvement que l'on retrouvera chez Mares. La formule est constante d'un manuel à l'autre : « Le i770R utilise l'algorithme Z+ pour calculer la charge tissulaire en azote », et la même phrase revient pour les i300C, i200C et i100manuels.
Mais le i330R rompt avec cette lignée :
« Le i330R utilise le modèle d'algorithme Bühlmann ZHL-16C pour calculer la charge tissulaire en azote. […] Les gradient factors limitent le plongeur à ne remonter qu'avec une fraction des valeurs de saturation maximales autorisées par l'algorithme. »
Manuel Aqualung i330RmanuelsLa définition donnée est exacte : c'est bien celle de Baker. Le manuel annonce ensuite une simplification : « le i330R simplifie la sélection de ces valeurs de gradient factor en demandant au plongeur de choisir parmi seulement trois préréglages », nommés Conservative Factors : OFF, MORE, MOST. Et il les chiffre, dix-neuf pages plus loin, dans une légende de menu :
« Le facteur de prudence offre 3 options préréglées : OFF (GF : 90-90), MORE (GF : 85-35) et MOST (GF : 70-35). »
Manuel Aqualung i330R, p. 34, traduit de l'anglaismanuelsUne réserve accompagne ces chiffres : la notice n'étiquette pas lequel des deux nombres est le GF bas, et elle écrit le plus grand d'abord. En convention Baker, cela donne 90/90, 35/85 et 35/70. La lecture est confirmée par un document indépendant, le manuel du Cressi DaVinci, qui publie les trois mêmes couples en nommant ses colonnes : « C1 : (GF Low: 35, GF High 85) »manuels.
Un palier de Pyle, littéralement
Le manuel du i330R décrit sa fonction palier profond sans ambiguïté : activée, elle se déclenche au-delà de 24 m et calcule « une profondeur de palier égale à la moitié de la profondeur maximale »manuels. C'est exactement la méthode empirique de Richard Pyle décrite au chapitre 4, mi-distance entre le fond et la surface, telle qu'elle a été formulée au milieu des années 1990, et telle que la CMAS déconseille aujourd'hui de l'appliquer à la plongée à l'azote.
Les déclarations de conformité européennes de ces appareils désignent Pelagic comme fabricantmanuels, ce qui corrobore le montage OEM de la galaxie.
Oceanic : les deux algorithmes dans la même machine, un troisième dans l'application
Les ordinateurs Oceanic ont la particularité de proposer les deux algorithmes embarqués, au choix du plongeurDeepBlueDiving, ce qui en fait un excellent banc d'essai pour observer, sur la même machine, l'effet du seul changement de modèle. Le constructeur confirme au moins que sa gamme tient sur ces deux modèles : « les ordinateurs Oceanic existants sont en DSAT et en Z+ »FAQ Oceanic+.
Cette phrase, il l'écrit pour répondre à un client surpris de trouver d'autres temps sur son téléphone que sur son poignet. Car l'application Oceanic+, qui fait d'une Apple Watch Ultra un ordinateur de plongée, ne tourne ni sur l'un ni sur l'autre : elle « utilise le Bühlmann ZHL-16C avec gradient factors, de plus en plus répandu »FAQ Oceanic+. Trois crans de prudence, « 0 » le moins prudent, « +2 » le plus, « 0 » par défaut, et une quatrième position de saisie libre des gradient factors, « recommandée seulement si vous avez la formation adéquate ».
La même marque vend donc au même moment des appareils qui suivent les limites du PADI RDP et une application qui tourne sur un Bühlmann à gradient factors réglables. Les couples chiffrés derrière « 0 », « +1 » et « +2 » ne sont, eux, publiés nulle part, ce qui vaut à Oceanic+ de figurer dans ce que nous n'avons pas pu vérifier.
Sherwood : la seule marque Pelagic dont nous n'ayons aucune notice
Sherwood tient dans le montage la même place qu'Oceanic, et la lignée annoncée est DSATDGE. Aucun manuel Sherwood n'a pu être comparé pour ce site : la marque n'est documentée que par une source secondaire, là où Aqualung et Hollis le sont par leurs propres notices.
Hollis : la seule notice qui cite les tables françaises
Les manuels Hollis sont les plus précis du lot sur la filiation de leur algorithme. Celui du DG02 annonce en caractéristiques :
« Algorithme Pelagic Z+ fondé sur Bühlmann ZHL-16c — Limites sans palier suivant de près le PADI RDP — Décompression en accord avec Bühlmann ZHL-16c et le MN90 français — Paliers profonds sans décompression d'après Morroni, Bennett. »
Manuel Hollis DG02manuelsLa revendication sur le PADI RDP ne colle pas aux chiffres : les ordinateurs à moteur DSAT, lignée directe du RDP, tiennent 80 à 84 minutes à 15 mètres dans le caisson de SayerSayer 2014, quand la table Z+ imprimée dans cette même notice en donne 68manuels. Ce que Hollis entend au juste par « suivre de près », la notice ne le dit pas.
C'est la confirmation constructeur la plus explicite de la lignée Pelagic Z+ → Bühlmann ZH-L16C, et la seule notice, parmi toutes celles comparées pour ce site, à situer son comportement par rapport aux tables MN90, la référence française.
Le DG05 annonce de son côté « un dérivé de l'algorithme Bühlmann ZH-L16 modifié pour intégrer les réflexions les plus récentes sur l'évitement pratique des microbulles », avec un graphe à 16 compartiments. Il est en réalité bi-algorithme : « le DG05 est livré de série avec un algorithme alternatif appelé VGM ». Les tolérances tissulaires du VGM se règlent par trois pourcentages, rapide, moyen, lent (Fast / Mid / Slow). Positifs, ils allongent les paliers ; négatifs, ils les raccourcissent, et l'appareil affiche alors un écran d'avertissement à confirmernotice DG05, p. 18 et 43.
Quant au TX1, l'étiquette « PZ+ » ne figure que sur ses écrans : sa section Algorithm s'intitule sans ambiguïté « Bühlmann ZHL-16C with gradient factor »notice TX1, p. 12 et 37. Son réglage « SET GF » offre cinq préréglages chiffrés, de CONS 1 = 90/90 à CONS 5 = 20/75, doublés d'une saisie libre bornée de 10 à 90notice TX1, p. 30. C'est, avec les Mares à GF et le Seac, l'un des rares Pelagic à laisser le plongeur saisir ses propres valeurs, et le seul de cette famille à publier en plus une échelle complète.
Mares
Mares présente son algorithme sous le nom Mares-Wienke RGBM. La littérature scientifique est catégorique : ce n'est pas un véritable RGBM, mais « un modèle haldanien assorti de quelques facteurs de sécurité supplémentaires »Sayer 2014.
Le manuel de la Matrix donne une précision qu'aucune source secondaire ne mentionne : « Modèle de décompression : RGBM MARES-WIENKE (10 tissus) »manuels. Dix compartiments, donc : ni les 16 de Bühlmann, ni les 15 de VPM, ni les 8 d'Uwatec.
Historiquement, Mares utilisait un modèle « haldanien modifié » présenté comme une évolution de la version Haldane/SpencerDeepBlueDiving. Dive Gear Express cite également le Sirius parmi les modèles à ZH-L16DGE.
L'algorithme : deux familles dans la même gamme
Mares est en pleine transition. Vingt-neuf notices Mares ont été lues et comparées ; celles qui déclarent un modèle de décompression se répartissent en deux familles nettement distinctes.
Bühlmann ZH-L16C + GF — 16 tissus
Formule identique dans les huit notices : « emploie l'algorithme de Bühlmann ZH-L16C non modifié avec des gradient factors ». Le Quad Ci ajoute même un réglage « ALT GF » pour une décompression alternative d'urgence. Sept de ces huit notices décrivent un mode CUSTOM où le plongeur saisit ses deux nombres ; celle du Puck Lite ne nomme que deux crans préréglés, R0 = 85/85 et R2 = 60/70, et aucune saisie libremanuels.
RGBM Mares-Wienke — 10 tissus
Conservatisme réglé par « facteur P » : P0 pour l'algorithme standard, P1 et P2 « de plus en plus prudents ». Six compartiments de moins que la famille Bühlmann : 10 contre 16.
Autrement dit, deux plongeurs équipés Mares peuvent porter des machines qui ne partagent ni le modèle, ni le nombre de compartiments, ni la façon de régler le conservatisme. Le raisonnement « marque = algorithme » ne survit pas à l'examen des notices.
Le Genius, lui, est un vrai Bühlmann, dit par le constructeur
« Le Genius emploie l'algorithme de Bühlmann ZH-L16C non modifié avec des facteurs de prudence (« GRADIENT FACTORS »). Les facteurs de prudence sont utilisés pour abaisser la sursaturation maximale tolérée dans les tissus. »
Manuel Mares Genius, § 2.2 « Algorithme »manuelsLe menu de réglage confirme la profondeur du paramétrage : GF principal, GF alternatif, Personnalis., plus des options dédiées aux plongées successives et au multiday (plusieurs jours d'affilée). Deux gammes d'une même marque peuvent donc reposer sur deux familles d'algorithmes différentes.
Le réglage de prudence : publié chez les Bühlmann, opaque chez les RGBM
Le réglage de conservatisme de la famille RGBM : le « facteur P »
Ce réglage ne concerne que les modèles à RGBM Mares-Wienke, la seconde des deux familles. Là où Shearwater expose des gradient factors et Scubapro des « MB Levels », ces appareils proposent des facteurs de personnalisation : le manuel du Quad les définit comme permettant « de choisir entre l'algorithme de décompression standard (P0) et d'autres qui sont de plus en plus prudents (P1, P2) »manuels. Comme les MB Levels de Scubapro, leur effet numérique n'est pas publié, et contrairement à eux, ils n'ont à notre connaissance jamais été traduits en gradient factors par un travail indépendant. Les modèles Bühlmann de la marque, eux, publient directement leurs jeux de gradient factors.
Le nom lui-même est récent : la notice 2009 de l'Icon HD appelle encore le réglage « facteur de correction personnel » et fait partir l'échelle à P1, quand sa révision de 2014 le nomme P FACTOR et la fait partir à P0manuels : un cran de décalage entre deux éditions de la même machine.
Attention enfin à un homonyme, dans les menus de la même machine : P0/P1/P2 désigne le facteur de prudence sur les modèles RGBM, mais P0 à P3 désigne les programmes d'altitude sur la plupart des appareils, P0 valant 0 à 700 m et P1 de 700 à 1 500 mmanuels. Les deux réglages coexistent et n'ont rien à voir.
Toute la famille Bühlmann de Mares, recycleur compris, mais elle seule, ne se contente pas d'annoncer « ZH-L16C + gradient factors » : ses notices impriment les bornes de leurs jeux préréglés, et disent lequel sort d'usine. Une seule, celle du contrôleur Horizon, imprime le tableau entier.
| Loisir | GF Low / GF High | Technique | GF Low / GF High |
|---|---|---|---|
| R0 — réglage par défaut | 85 / 85 | T0 | 30 / 85 |
| R1 | 70 / 80 | T1 | 30 / 75 |
| R2 | 60 / 70 | T2 | 25 / 60 |
| R3 | 50 / 60 | T3 | 25 / 40 |
Tous les modèles n'offrent pas toute l'échelle : les jeux techniques T0 à T3 sont réservés aux Genius, Sirius, Sirius L, Quad 2, Quad Ci et Horizon ; le Puck 4 et le Puck Air 2 s'arrêtent à R3, le Puck Lite à R2. Le point de départ est expliqué de la même façon partout : « nous utilisons les valeurs d'origine de Bühlmann réduites de 15 % comme point de départ », ce qui donne bien 85/85. Une saisie libre reste possible via le réglage CUSTOM.
Trois marques seulement disent quel réglage sort du carton
Huit constructeurs publient les couples de GF de leurs préréglages : Seac, Apeks, Ratio, Mares, Shearwater, Aqualung, Hollis et Cressi. Mais seul Mares nomme aussi celui qui sort du carton, avec Shearwater et Cressi : « le réglage par défaut est R0 (85/85) », phrase présente à l'identique dans les neuf notices. Partout ailleurs, le plongeur peut lire l'échelle sans savoir où son appareil se trouve dessus. Et 85/85 tombe dans la fourchette que recommandent la CMAS et l'étude belge de 2023 pour l'air (chapitre 2).
Mares nomme par ailleurs deux familles de jeux, loisir et technique, au lieu d'étirer une échelle unique. Les deux sont présentées comme « un niveau progressif de prudence », et le contraste de forme reste net : les jeux loisir restent proches de la symétrie, les jeux technique descendent jusqu'à 25/40, c'est-à-dire vers des paliers nettement plus profonds (chapitre 4).
Le contrôleur du Horizon, le recycleur semi-fermé de la marque, affiche en outre GF NOW et GF @SURF, soit le GF99 et le SurfGF du chapitre 2 sous d'autres noms. Il tourne sur « l'algorithme de Bühlmann ZH-L 16C non modifié »notice Horizon.
La famille Bühlmann calcule quand même un palier profond
Les modèles Bühlmann de la gamme calculent malgré tout un palier profond, et leur manuel le précise : « Le Sirius calcule un palier profond pour les plongées à l'air et au Nitrox uniquement »manuels, formulation identique pour le Puck 4 et le Quad Ci. C'est la configuration que la CMAS déconseille : des paliers profonds appliqués à la plongée à l'azote, et non à l'hélium (voir le chapitre 4).
Dans l'étude en caisson sur 43 ordinateurs, ce sont les Mares qui produisaient globalement les temps les plus conservateursSayer 2014 ; le chapitre 7 y revient.
Cressi
Le cas Cressi apporte la confirmation la plus nette du problème d'appellation RGBM soulevé au chapitre 5, et c'est le constructeur lui-même qui la fournit.
L'algorithme : un haldanien sous un nom de RGBM, dit par le constructeur
Sept notices (Giotto, Giotto 2.0, Leonardo 2.0, Goa/Cartesio/Neon, Newton, Michelangelo/Donatello, Raffaello) portent la même description à quelques mots près ; elle est littéralement identique dans celles du Giotto et du Newton, et l'on trouve même « RGNM », coquille manifeste, dans celle des Goa/Cartesio/Neon :
« Nouvel algorithme né de la collaboration Cressi – Bruce Wienke basé sur le modèle Haldane intégré avec des facteurs RGBM pour un calcul de la décompression sûr lors des plongées répétitives multi-day. »
Manuels Cressi, rubrique « Caractéristiques principales », p. 3 des notices Giotto et NewtonmanuelsUn nom de modèle à bulles, une description haldanienne
Les appareils sont commercialisés sous le nom « Algorithme CRESSI RGBM », ce qui suggère un modèle à bulles. Mais le constructeur écrit dans la même page qu'il s'agit d'un modèle haldanien auquel on a « intégré des facteurs RGBM ».
C'est le diagnostic que la littérature scientifique portait déjà sur Mares, « pas un véritable algorithme RGBM, mais un modèle haldanien assorti de facteurs de sécurité supplémentaires »Sayer 2014, mais cette fois confirmé par le fabricant lui-même. La mention « RGBM » sur une fiche produit ne dit donc rien de fiable sur la famille réelle de l'algorithme.
Cressi vise un cas précis, les plongées répétées sur plusieurs jours, et c'est bien là que les « facteurs RGBM » servent : un Bühlmann standard ne pénalise pas les plongées successives, les RGBM de Suunto et de Mares leur appliquent une marge de sécuritéSayer 2014.
Comme Mares, Cressi fait tourner deux modèles dans la même gamme. Le « CRESSI RGBM » équipe la quasi-totalité des appareils, et la fiche technique du Raffaello en donne la taille : « 9 compartiments, périodes de saturation comprises entre 2,5 et 480 minutes »notice Raffaello, p. 39, éd. anglaise. Neuf compartiments et ces bornes exactes, c'est la structure du Technical RGBM du Suunto D9tx, l'autre algorithme signé Wienke de ce chapitre.
Le réglage de prudence : SF0 à SF2 non chiffrés, GF chiffrés sur le DaVinci
Le conservatisme du « Cressi RGBM » se règle par un « Safety Factor » à trois crans, SF0, SF1 et SF2, « paramètre supplémentaire destiné à rendre la plongée plus sûre en présence de facteurs personnels augmentant le risque d'accident de décompression », réglé d'usine sur SF0, c'est-à-dire désactivénotice Raffaello, p. 16. Son effet numérique n'est pas publié, comme le facteur P de Mares et les MB Levels de Scubapro. La même notice précise que l'appareil sort d'usine avec le palier profond actif (chapitre 4).
Le DaVinci fait exception. De toutes les notices Cressi comparées, la sienne est la seule à annoncer un « modèle de décompression fondé sur Bühlmann ZHL16-C » avec « trois niveaux de conservatisme qui règlent les paramètres de gradient factor », et il les chiffre :
| Niveau | GF Low / GF High | Ce qu'en dit la notice |
|---|---|---|
| C0 — réglage d'usine | 90 / 90 | « le plus libéral », pour de bonnes conditions physiques et un plongeur expérimenté |
| C1 | 35 / 85 | « le niveau intermédiaire », pour des conditions moyennes |
| C2 | 35 / 70 | « le plus prudent », à retenir en présence de facteurs de risque |
Ce sont les trois couples que publie aussi l'Aqualung i330R sous les noms OFF, MORE et MOST. C'est en étiquetant ses colonnes que le DaVinci permet de lever l'ambiguïté de cette notice-là, où le GF bas n'est pas désigné.
Deux appareils de la même marque, deux niveaux d'information
Un plongeur en DaVinci lit ses deux nombres, sait lequel sort du carton, et peut situer son appareil sur l'échelle du chapitre 2. Un plongeur en Giotto ou en Raffaello règle SF1 sans qu'aucune notice lui dise ce que ce cran déplace. La marque figure donc à la fois parmi les constructeurs qui publient leurs gradient factors et parmi ceux qui ne publient rien, selon le modèle qu'on a au poignet.
Heinrichs Weikamp
L'OSTC tourne sous logiciel libre, code source public. Son manuel 2025 est d'une clarté rare.
L'algorithme : ZH-L16+GF ou VPM-B, commutables sous l'eau
« Le calcul de décompression pour circuit ouvert et pSCR/CCR est effectué selon le modèle Bühlmann ZH-L16+GF avec gradient factors, ou selon le modèle VPM-B. […] Les modèles de décompression VPM-B et ZH-L16+GF répondent à toutes les exigences de la plongée technique et peuvent même être changés pendant la plongée. »
Manuel hwOS 4, 2025manuelsLa bascule en cours de plongée porte sur le modèle entier, et pas seulement sur un réglage : on ne trouve cela sur aucune autre machine de ce chapitre.
Le réglage de prudence : GF 30/85 d'usine, et l'option sans GF du tout
Sur les OSTC 2 et la gamme hwOS, l'appareil peut tourner en ZH-L16 sans gradient factors du tout, c'est-à-dire sur les M-values brutes. Le réglage d'usine est GF 30/85.
Heinrichs Weikamp publie par ailleurs une brochure pédagogique en français consacrée aux seuls gradient factors, qui explique la notation « GF Bas / GF Haut » et les seize tissus de Bühlmannmanuels, une démarche de transparence que peu de constructeurs adoptent.
Seac
Toute la gamme Seac annonce du Bühlmann, et la marque est l'une des rares à publier la traduction exacte de ses niveaux de prudence en couples de gradient factors. Là où Scubapro laisse ses « MB Levels » indéfinis et Mares ses « facteurs P » opaques, le manuel du Guru donne le tableau. Sept autres marques chiffrent leurs crans : Mares, Apeks, Ratio, Shearwater, Aqualung, Hollis et Cressi.
L'algorithme : ZHL-16B sur le Guru, 16C ailleurs
Le Guru utilise ZHL-16B, la variante que Bühlmann destinait aux tables imprimées, et non le ZHL-16C prévu pour les ordinateurs (voir le chapitre 1). Les autres notices Seac comparées (Action, Action HR, Screen et Tablet) annoncent « Bühlmann ZHL-16C pour Air/Nitrox » avec des « niveaux de prudence sur la base de facteurs de gradient »manuels.
Le réglage de prudence : six crans publiés en couples de GF
| Niveau | GF Low / GF High | Étiquette du constructeur, mot pour mot |
|---|---|---|
| 0 | 93 / 93 | aucun |
| 1 | 90 / 90 | « prudence standard » |
| 2 | 80 / 80 | aucun |
| 3 | 75 / 75 | aucun |
| 4 | 30 / 90 | « prudence linéaire maximale » |
| 5 | 20 / 89 | aucun |
Ce tableau est instructif à deux titres
- Les quatre premiers niveaux sont symétriques (93/93, 90/90, 80/80, 75/75), et celui que le constructeur nomme « prudence standard », 90/90, tombe exactement dans la fourchette que recommandent la CMAS (80/80 à 90/90) et l'étude belge de 2023 (75/75 à 95/95) pour la plongée à l'air. Voir le chapitre 2. La notice ne dit pas quel niveau est actif à la livraison ; ses copies d'écran affichent « P.SAFE : 0 » (p. 26-27).
- Les deux derniers niveaux basculent vers l'asymétrie (30/90 et 20/89), c'est-à-dire vers des paliers profonds, et le niveau 4 est précisément celui que le constructeur étiquette « prudence linéaire maximale ». « Plus conservateur » et « plus de paliers profonds » y sont traités comme synonymes, le malentendu que décrit le chapitre 4 : les données expérimentales invitent à les distinguer.
Tusa
Parmi toutes les notices comparées pour ce site, celles de Tusa, en japonais, sont les seules à dire dans quel sens leur algorithme s'écarte du ZH-L16C.
L'algorithme : un ZH-L16C durci sur les tissus lents
« Aperçu de la programmation : ZHL-16C 改 [kai : modifié]
L'IQ1204 effectue ses calculs de décompression sur la base de l'algorithme ZH-L16C
développé par le Dr A. A. Bühlmann, à partir des recherches et de la théorie du
modèle suisse. Le temps sans palier affiché est conçu nettement plus sûr que
ZH-L16C pour les compartiments qui absorbent et rejettent l'azote lentement. […]
L'IQ1204 accorde une tolérance élevée aux compartiments qui absorbent et rejettent
l'azote rapidement, mais une tolérance très stricte à ceux qui le font
lentement. […] Les demi-vies de l'IQ1204 s'étendent sur une plage très large :
4 minutes pour les tissus rapides, 635 minutes pour les
tissus lents. »
Tusa dit dans quel sens il modifie Bühlmann, et c'est le sens du NEDU
Presque tous les constructeurs qui modifient Bühlmann se contentent d'un nom commercial (« ADT », « Z+ », « facteurs RGBM », « ZH-L16D ») sans dire ce qu'ils changent. Tusa fait l'inverse : il annonce la modification dans le titre même de la section (kai, « modifié »), puis dit dans quel sens elle va, en se comparant nommément au ZH-L16C de référence : les temps affichés sont « conçus nettement plus sûrs que ZH-L16C » pour les compartiments lents. Sur les rapides, la notice décrit une « tolérance élevée » sans la comparer au jeu C, alors qu'une tolérance élevée sur les compartiments rapides est le comportement de tout ZH-L16, non une retouche.
Or c'est exactement là que l'essai NEDU de 2011 situe le risque : ce sont les compartiments lents qui le portent, et les paliers profonds les pénalisent en les laissant continuer à se charger (chapitre 4). Un constructeur grand public déclare donc, dans une notice de 2016, avoir renforcé la protection exactement là où l'expérience de l'US Navy montrera qu'elle manquait. Le rapprochement est notre lecture, pas une affirmation de Tusa : la notice ne cite pas le NEDU.
Les demi-vies annoncées, 4 à 635 minutes sur les modèles à seize compartiments, correspondent au jeu ZH-L16 avec la variante 4,0 min du premier compartiment, et non la variante 5,0 min. C'est le même choix que le Suunto EON Core, et l'une des deux options du tableau publié par Bühlmann (chapitre 1). Les modèles plus anciens, à douze compartiments, annoncent 5 à 480 minutes : l'autre variante, et un jeu tronqué à l'extrémité lente.
Le reste de la gamme suit la même filiation, avec une évolution du nombre de compartiments :
| Modèle | Algorithme annoncé | Compartiments | Demi-vies annoncées |
|---|---|---|---|
| IQ1204 (DC Solar Link) | « ZHL-16C 改 » — modifié | 16 | 4 → 635 min |
| IQ1203 (DC Solar) | ZH-L16 de Bühlmann | 16 | 4 → 635 min |
| IQ1202 | ZH-L16 de Bühlmann | 16 | 4 → 635 min |
| IQ1201 | Haldane, développé par Bühlmann — ZH-L16 | 12 | 5 → 480 min |
| IQ-900 | ZHL-16C | 12 | 5 → 480 min |
Le réglage de prudence : des crans SF, jamais chiffrés
Les IQ1204 et IQ1202/1203 portent un « User Safety Factor » à trois crans, SF-0 à SF-2, dont aucune notice ne donne l'équivalence en gradient factors ; les IQ1201 et IQ-900, un « Conservative Factor » en tout ou rienmanuels. Deux modèles chiffrent l'effet du réglage par le détour d'altitude de la galaxie Pelagic.
Garmin
Trois notices comparées, Descent Mk3, X30 et G2, et une seule réponse, la même dans les trois.
L'algorithme : ZHL-16C, en une ligne de caractéristiques
La ligne figure dans le tableau de caractéristiques techniques de chaque manuel :
« Modèle de décompression — Bühlmann ZHL-16C »
Manuels Garmin Descent Mk3 p. 162, X30 p. 35, G2 p. 113manuelsCette ligne vaut confirmation constructeur là où le site s'appuyait jusqu'ici sur des sources secondaires.
Le réglage de prudence : la saisie libre ouverte, les préréglages muets
Le paramètre Conservatisme « définit le niveau de conservatisme pour les calculs de décompression ». Une option Personnalisé « permet de définir un facteur de gradient personnalisé », assortie d'une mise en garde : « assurez-vous de bien comprendre les facteurs de gradient avant personnaliser le conservatisme » [la notice française porte bien cette tournure]manuels. Garmin laisse donc saisir ses GF, comme Shearwater ou les Mares Bühlmann. En revanche, les couples derrière ses niveaux préréglés ne sont chiffrés nulle part dans les trois notices.
Le champ « Facteur grad. de surface » est décrit comme « le facteur de gradient attendu si le plongeur remontait à la surface immédiatement »manuels, la définition exacte du SurfGF expliquée au chapitre 2. Peu de constructeurs grand public exposent cette grandeur, et moins encore la définissent correctement dans leur notice.
Les techniques : Apeks, Divesoft, Ratio
Ces trois marques visent le plongeur technique, et leurs notices sont à l'avenant : elles nomment l'algorithme, publient parfois les chiffres, et laissent le plongeur régler ce que les marques grand public verrouillent.
Apeks DSX : des gradient factors imprimés
Le DSX énonce son algorithme sans détour : « le DSX utilise l'algorithme Bühlmann ZHL-16C pour calculer la charge d'azote dans les tissus »notice DSX, p. 17. Surtout, il offre deux modes de réglage, et publie les valeurs du mode simple, ce que presque aucun constructeur grand public ne fait :
| Réglage | GF Low / GF High | Lecture |
|---|---|---|
| BAS | 90 / 90 | symétrique — aucun palier profond |
| MOYEN | 35 / 80 | asymétrique |
| HAUT | 30 / 70 | le plus asymétrique — paliers les plus profonds |
Le même glissement que chez Seac
On retrouve la bascule relevée sur le Seac Guru : le réglage étiqueté « prudence haute » est celui dont le GF Low est le plus bas, donc celui qui déplace le plus de temps vers les paliers profonds. Différence propre à Apeks : le GF High descend aussi, de 90 à 70, ce qui allonge réellement la décompression totale, là où le Seac laisse ses quatre premiers niveaux symétriques. En mode TECH, le DSX laisse saisir librement les deux valeurs.
Divesoft : deux jeux de GF, et un avertissement contre le cumul
Le Freedom tourne sur « l'algorithme de décompression ZHL de Bühlmann » avec gradient factors, réglés d'usine à 30/80 (la notice compte en fractions : 0,30 / 0,80). Sa notice prend le temps d'expliquer ce que cela veut dire : « régler la valeur à 1,00 correspond à l'algorithme de Bühlmann sans augmentation supplémentaire de sécurité par la méthode des gradient factors »notice Freedom, § 4.2.1, la définition exacte.
Une seconde paire de GF pour le bailout
Le Freedom porte deux jeux de gradient factors : le jeu courant et un jeu Bailout GF (défaut 80/95), commutable à tout moment sous l'eau. La règle donnée : « pour le GF low de bailout, on règle en général une valeur plus élevée — donc une marge moindre — que pour le GF low standard »manuels. C'est l'aveu explicite qu'en situation dégradée, on accepte un profil moins conservateur pour sortir plus vite.
Un GF High supérieur à 1, sous licence
« Pour les plongées extrêmes, un GF high supérieur à 1 est parfois utilisé (moins sûr que l'algorithme de Bühlmann standard). Cela requiert une licence spéciale, accordée nominativement »manuels. Un constructeur qui verrouille derrière une autorisation le fait de dépasser les M-values : on ne trouve cela chez aucune autre marque de ce chapitre.
Un constructeur qui déconseille de cumuler les paliers profonds
Le Freedom propose aussi les paliers profonds de Pyle, désactivés par défaut. La notice met en garde contre leur addition avec un GF Low bas : « la combinaison des paliers de Pyle et d'une petite valeur de GF low peut produire un profil de décompression peu optimal. Choisissez une seule méthode. En règle générale, utilisez un GF low de 0,30 ou moins et laissez les paliers profonds de Pyle désactivés »notice Freedom, § 4.2.5. C'est, parmi toutes les notices comparées, la mise en garde constructeur la plus explicite contre l'empilement des marges, le mécanisme même que décrit le chapitre 4.
Ratio : le catalogue d'algorithmes
Ratio laisse à l'utilisateur un choix qu'aucune autre marque de ce chapitre n'offre : sur un même appareil, il sélectionne son modèle de décompression : Bühlmann en trois variantes, ou VPM-B. Ce choix se fait en surface, dans le menu de réglage ; ce qui reste modifiable sous l'eau, sur les Tech+, ce sont les réglages du modèle actif.
| Modèle | Algorithmes proposés | Réglage |
|---|---|---|
| iX3M 2 Pro | Bühlmann ZHL-16C seul | 6 niveaux, chiffrés en GF |
| iX3M 2 Deep | ZHL-12, ZHL-16B, ZHL-16C, VPM-B | 12 niveaux (6 Bühlmann + 6 VPM), chiffrés |
| iX3M 2 Tech+ | ZHL-12, ZHL-16B, ZHL-16C, VPM-B | GF libres et rayon critique de bulle libre, modifiables sous l'eau |
| iDive Color | Bühlmann ZHL-16B ; VPM-B sur Deep et Tech+ | 6 ou 12 niveaux chiffrés ; GF libres sur Tech+ |
Ratio publie en outre les couples de GF de ses six niveaux de prudence, ce qui le range aux côtés de Seac et d'Apeks :
| Niveau | GF Low / GF High | Rayon critique (VPM) | Étiquette du constructeur |
|---|---|---|---|
| 0 | 93 / 93 | 0,50 | « conservatisme minimum » |
| 1 | 90 / 90 | 0,55 | aucune |
| 2 | 80 / 80 | 0,60 | aucune |
| 3 | 75 / 75 | 0,70 | « conservat. linéaire max » |
| 4 | 50 / 85 | 0,80 | aucune |
| 5 | 45 / 80 | 0,90 | « conservat. linéaire max » (VPM) |
L'iDive Color tourne par ailleurs sur ZHL-16B, la variante que Bühlmann destinait aux tables imprimées, comme le Seac Guru, et à rebours de la quasi-totalité du marché (voir le chapitre 1). Et la notice impose que « la GFL ne peut jamais être supérieure à la GFH », avec un GFH réglable de 20 % à 100 % et un GFL de 20 % à GFHmanuels. C'est la contrainte que l'étude belge de 2023 identifiait comme bloquante sur le Perdix : elle n'est donc pas propre à Shearwater (chapitre 2).
Le troisième constructeur, le même basculement
La bascule vue chez Seac puis chez Apeks se répète : niveaux bas symétriques, niveaux réputés les plus prudents asymétriques, 50/85 puis 45/80. Ratio et Seac nomment même la frontière du même mot : le niveau 3, dernier des symétriques, porte l'étiquette « conservatisme linéaire maximum », exactement là où Seac place le sien. Trois marques indépendantes traitent donc « plus prudent » et « plus profond » comme la suite naturelle l'un de l'autre (chapitre 4).
Les autres marques
Atomic Aquatics
Le Cobalt 2 annonce un « Recreational RGBM » et le caractérise : « RGBM est un modèle biphasique qui combine la phase dissoute (Haldane) et les phases libres (bulles) », avec saisie de l'âge et du niveau d'effortnotice Cobalt 2, p. 5. Ses caractéristiques techniques annoncent 15 compartiments, le compte du VPM d'origine, et non les 16 de Bühlmann (p. 4). L'implémentation, elle, n'est pas publiée.
Poseidon
Une version de DCAP, qui calcule sur le gaz inspiré plutôt que sur le gaz dissous (approche adaptée au recycleur), est le modèle par défaut du recycleur Poseidon et de son ordinateur M28DGE.
Subsurface (logiciel libre)
Bühlmann + gradient factors (défaut 30/75) et VPM-B à cinq niveaux de conservatisme. Le code est lisible et commenté, ce qui en fait la meilleure porte d'entrée pour qui veut vérifier par soi-mêmeSubsurface.
Ce qui n'est pas public
Il faut être clair sur l'état du savoir. Pour les marques suivantes, on connaît la famille d'algorithme et le comportement observé en caisson, mais pas les équations :
- Suunto — RGBM et ses quatre variantes ;
- Scubapro / Uwatec — ZH-L8 ADT explicitement décrit comme non public et propriété d'UwatecWikipédia ZH-L, MB Levels non définis par le fabricant, mais partiellement décodés par comparaison indépendante ;
- Mares — les facteurs de sécurité ajoutés au modèle haldanien ;
- Atomic — version de RGBM ;
- Pelagic — Z+ et DSAT, dont on connaît la lignée mais pas le détail.
La CMAS ajoute un rappel utile : le logiciel des ordinateurs de plongée n'est pas certifiéCMAS. Il n'existe pas d'autorité qui vérifie qu'un ordinateur calcule bien ce que son fabricant annonce.
Ce que nous n'avons pas pu vérifier
Transparence sur les limites de ce recensement
Les recherches menées pour ce site n'ont pas produit de source primaire fiable pour les éléments suivants. Ils sont donc volontairement absents des tableaux ci-dessus plutôt que renseignés au jugé :
- les valeurs des trois préréglages de prudence d'Oceanic+ : sa FAQ nomme l'algorithme et le réglage par défaut, mais ne chiffre pas les couples de GF correspondants ;
- le détail des évolutions logicielles Suunto postérieures à l'EON Steel 1.6.5 ;
- les gammes Halcyon, Genesis, Deepblu ;
- les valeurs numériques derrière les niveaux préréglés du « Conservatisme » de Garmin : les trois notices comparées décrivent le principe, ouvrent la saisie libre en mode Personnalisé et affichent un facteur de gradient de surface, mais ne chiffrent nulle part les couples de GF de leurs préréglages.
Si vous possédez l'un de ces modèles, le manuel officiel reste la seule source valable, et il indique presque toujours la famille d'algorithme dans ses caractéristiques techniques.
Ce qu'il faut retenir de ce chapitre
- Bühlmann ZH-L16C + GF s'est imposé chez tous les fabricants « techniques », parce que le modèle est publié et le réglage transparent.
- Les modèles à bulles purs (RGBM, VPM-B) restent chez Suunto, Cressi, Atomic et en option chez Shearwater et Ratio.
- Le nom commercial ne garantit pas la famille : le « RGBM » de Mares est haldanien.
- Chez Uwatec, ce ne sont ni 16 compartiments ni un modèle public.
- Aucun logiciel d'ordinateur de plongée n'est certifié par un tiers.